Hommage à Jacques Dubois.
Il est difficile de résumer une vie telle que la sienne. Une vie faite de convictions, de rencontres, de responsabilités assumées et, surtout, d’un engagement constant au service des autres. Jacques n’était pas de ceux qui se contentent de regarder les choses évoluer. Lorsqu’il voyait un besoin, une injustice ou un projet utile, il cherchait comment agir.
Né à Morlaix en 1952, Jacques a grandi à Brest, dans les quartiers populaires du Bouguen puis de Kerbernier. C’est là qu’il a découvert, notamment auprès de la JOC, les valeurs qui allaient guider toute son existence : la justice, la solidarité, le respect et l’égalité.
Ces valeurs, il ne les a jamais simplement défendues en paroles. Très jeune, il s’est engagé pour les droits des apprentis, à une époque où ceux-ci étaient trop souvent malmenés dans le monde du travail. Formé au métier de menuisier-ébéniste, il a ensuite construit sa vie de famille auprès d’Yveline, son épouse, qui a partagé et soutenu ses engagements au fil des années.
En 1981, Jacques et sa famille se sont installés à Locmaria-Plouzané. La scolarisation de ses enfants l’a naturellement conduit vers les associations de parents d’élèves. Tombolas, kermesses, sorties scolaires, gestion de caisse, conseil des parents : il était présent, disponible et toujours prêt à défendre l’école publique et les projets collectifs.
Il s’est également investi dans le club de football. Il accompagnait les enfants sur les terrains, encadrait les entraînements, supportait les longues journées de tournoi et savait apporter les soins et le réconfort après les défaites. Jacques ne comptait ni ses heures ni son énergie. Pour lui, aider les enfants et les jeunes à grandir dans un cadre collectif était une évidence.
Puis vint l’année 1996, avec l’ouverture du Centre socioculturel. Jacques y trouva naturellement sa place. En attendant l’arrivée d’un animateur, il contribua au lancement des activités du foyer des jeunes. Avec peu de moyens, mais avec beaucoup de conviction et une réelle force de persuasion, il sut attirer les jeunes vers un lieu où ils pouvaient se retrouver, échanger et construire des projets.
Au sein de Ti Lanvenec, il occupa successivement les fonctions de vice-président, de coprésident puis de président. Il participa à l’accueil des jeunes, à l’organisation des centres aérés et aux soirées conviviales, notamment les « Mardis de Portez ». Avec les bénévoles et les salariés, il contribua à créer une dynamique fondée sur la confiance, la responsabilité et l’émancipation.
Jacques connaissait aussi les moments plus difficiles. Il savait que l’engagement associatif ne se résume pas aux réussites et aux moments de convivialité. Il faut parfois prendre des décisions lourdes, assumer des responsabilités, tenir bon lorsque les difficultés surviennent. Dans ces moments-là, Jacques gardait le cap. Il pensait d’abord à l’intérêt collectif.
À partir de 2008, il consacra une grande partie de son énergie à l’Amicale laïque. Il contribua à développer de nombreuses activités et à donner à l’association une nouvelle ampleur.
Avec les équipes, les membres du conseil d’administration et les bénévoles, il accompagna la création ou la relance de nombreuses sections : le vitrail, le multisport, la danse classique, l’atelier guitare, le groupe Laïcité. Il soutint également des expositions, des conférences, des actions de prévention, la plantation de l’arbre de la laïcité et des initiatives solidaires en faveur des enfants hospitalisés.
Toutes ces réalisations racontent quelque chose de Jacques. Elles disent son attachement à l’éducation populaire, à la culture, au sport, à la laïcité et à la possibilité, pour chacun, de trouver sa place dans la vie collective.
De 2019 à 2023, Jacques présida l’Amicale laïque. Il le fit avec détermination et avec le souci de faire avancer l’association. Il possédait une force de persuasion certaine, un caractère affirmé et cette capacité rare à mobiliser les autres autour d’un projet.
Mais Jacques savait aussi transmettre. Lorsqu’il a souhaité céder la présidence, il a voulu préparer la relève, encourager une nouvelle génération et passer le relais. Savoir laisser sa place, faire confiance et transmettre une responsabilité est une forme de sagesse et d’humilité. Depuis 2024, il continuait encore à participer à la vie de l’Amicale en tant que vice-président.
L’association, forte de ses adhérents, de ses sections, de ses salariés et de ses bénévoles, porte aujourd’hui une part importante de son empreinte. Jacques a contribué à la faire grandir, mais il lui a surtout transmis un état d’esprit : celui d’une association ouverte, utile, solidaire et profondément attachée aux autres.
À travers toutes ces années, une constante demeure : Jacques a donné son temps, ses convictions et son savoir-faire. Il les a donnés aux familles, aux parents, aux jeunes, aux habitants de la commune et à toutes celles et ceux qu’il a accompagnés.
Et derrière cet engagement, il faut également saluer Yveline, son épouse. Par sa présence, son soutien et son propre engagement, elle a permis à Jacques de consacrer tant de temps aux autres. Cette histoire est aussi la leur.
Jacques, aujourd’hui, nous mesurons ce que tu nous laisses. Tu nous laisses le souvenir d’un homme engagé, fidèle à ses valeurs et attentif aux autres. Tu nous laisses des projets, des associations, des activités, des souvenirs et des liens entre les personnes.
Tu nous laisses aussi une responsabilité : celle de continuer à faire vivre ce que tu défendais. Faire vivre la solidarité. Défendre l’égalité. Soutenir l’école publique. Permettre aux jeunes de trouver leur place. Faire de la culture, du sport et de la vie associative des espaces de rencontre, de confiance et d’émancipation.
Nous n’oublierons pas ton énergie, ta détermination, tes convictions, tes colères parfois, mais aussi ton humour, ta générosité et ta fidélité.
Nous n’oublierons pas l’homme qui savait se lever pour les autres, ni l’ami qui répondait présent lorsque l’on avait besoin de lui.
Au nom de toutes celles et ceux que tu as aidés, accompagnés et encouragés, nous voulons simplement te dire merci.
Merci pour ton engagement.
Merci pour ta confiance.
Merci pour tout ce que tu as construit.
Merci pour tout ce que tu as transmis.
Repose en paix, Jacques. Tu resteras pour nous un exemple de solidarité, de courage et de dévouement. Et dans les associations, dans les projets, dans les rencontres et dans les souvenirs que nous continuerons à faire vivre, une part de toi restera toujours présente.
Adieu, Jacques.
Et merci.
